Quand une personne vit avec des symptômes complexes, elle reçoit souvent des réponses séparées.
On lui parle de posture.
Ou de nutrition.
Ou de stress.
Ou d’émotions.
Ou de sommeil, de digestion, de tensions musculaires, de fatigue, d’anxiété ou de perte de motivation.
Chaque approche peut apporter quelque chose. Mais le problème, c’est que la personne se retrouve souvent avec des morceaux de puzzle, sans toujours avoir la carte qui permet de les relier.
C’est précisément l’objectif de l’approche des 3 axes : proposer une lecture plus globale de l’être humain, sans opposer le corps, la biochimie et l’émotionnel.
Cette carte ne remplace pas un diagnostic médical, ni un suivi médical ou psychothérapeutique lorsque celui-ci est nécessaire. Elle permet plutôt de mieux comprendre comment différents niveaux peuvent s’influencer, et pourquoi une approche trop isolée peut parfois laisser une partie du problème de côté.
Les trois axes sont :
- L’axe physique : structure, muscles, articulations, colonne vertébrale, mâchoire, posture.
- L’axe chimique : nutrition, biochimie, apports, excès, sensibilités, équilibre interne.
- L’axe émotionnel : pensées, émotions, vécu personnel, schémas familiaux, direction de vie.
L’idée centrale est simple : les symptômes complexes ne se comprend pas toujours en regardant un seul niveau.
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Pourquoi les symptômes complexes demandent une approche en 3 axes ?
L’approche des 3 axes s’inspire d’un principe issu de la kinésiologie appliquée, historiquement développée dans le monde chiropratique autour des travaux de George Goodheart. L’idée de base était déjà intégrative : regarder l’être humain sous plusieurs angles, au lieu de réduire son fonctionnement à une seule cause.
Ce qui est intéressant dans cette vision, c’est qu’elle reconnaît une chose que beaucoup de patients sentent intuitivement : plusieurs professionnels peuvent avoir chacun une partie de la vérité.
Un kinésithérapeute peut observer un problème mécanique.
Un dentiste peut remarquer un déséquilibre d’occlusion.
Un nutritionniste peut mettre en évidence certaines habitudes alimentaires.
Un médecin peut explorer des paramètres biologiques.
Un psychologue peut aider à comprendre un schéma émotionnel.
Chacun peut voir une facette du problème.
Mais pour les symptômes complexes et/ou chroniques, la question devient : comment relier ces facettes entre elles ?
C’est là que la carte des 3 axes devient utile. Elle permet d’éviter deux pièges fréquents : croire qu’il existe toujours une cause unique, ou accumuler des approches sans vision d’ensemble.
L’objectif n’est pas de tout mélanger, mais de mieux organiser les informations.
Axe 1 : le physique, la structure et le mouvement
Le premier axe est le plus facile à comprendre : c’est l’axe physique.
Il comprend notamment les articulations, les muscles, la colonne vertébrale, le bassin, la posture, la mâchoire, l’occlusion et la façon dont le corps bouge, compense et s’organise.
C’est souvent le niveau que les patients identifient en premier, parce qu’il est concret. Une tension se ressent. Une raideur se remarque. Une gêne articulaire attire l’attention. Une différence de mobilité ou de posture peut devenir visible.
C’est aussi l’axe sur lequel interviennent de nombreux professionnels : kinésithérapeutes, ostéopathes, chiropracteurs dans les pays où le titre est reconnu, dentistes, préparateurs physiques ou enseignants du mouvement.
Cet axe est essentiel, car le corps est une structure vivante. Il bouge, s’adapte, compense et protège. Une zone peut devenir plus tendue parce qu’elle travaille trop. Une autre peut sembler faible parce qu’elle est inhibée ou mal coordonnée. Une mâchoire peut influencer la posture. Un pied peut modifier l’organisation du bassin. Une ancienne chute peut laisser une mémoire de protection.
Mais l’approche des 3 axes invite à ne pas s’arrêter là.
Car parfois, une tension physique n’est pas seulement mécanique. Elle peut être influencée par l’état du système nerveux, par la fatigue, par le stress, par la qualité du sommeil, par la biochimie, ou par une émotion qui reste active en arrière-plan.
Le physique est donc fondamental, mais il n’est pas toujours isolé.
Axe 2 : le chimique, la nutrition et la biochimie
Le deuxième axe concerne la chimie du corps.
On pense souvent d’abord à la nutrition : ce que l’on mange, ce que l’on boit, la qualité des aliments, les excès, les habitudes, le rythme des repas. C’est évidemment important.
Mais dans l’approche des 3 axes, la nutrition n’est que la partie visible de l’iceberg.
Sous la surface, il y a tout l’aspect biochimique : les apports, les carences possibles, les sensibilités individuelles, la capacité du corps à gérer certaines substances, l’impact de l’environnement, les excès répétés, les déséquilibres internes.
Pour simplifier, on peut poser deux grandes questions :
Qu’est-ce qui manque ?
Et qu’est-ce qu’il y a en trop ?
Ce qui manque peut concerner des nutriments, des apports insuffisants, une récupération trop faible, une qualité de sommeil insuffisante, ou un besoin physiologique non respecté.
Ce qui est en trop peut concerner certains aliments consommés trop souvent, des substances mal tolérées, des excès de stimulation, des toxines environnementales, ou simplement une surcharge que le corps a du mal à gérer.
Bien sûr, ces sujets doivent être abordés avec prudence. Certains relèvent du champ médical et nécessitent des analyses, un diagnostic ou un suivi adapté. L’approche des 3 axes ne cherche pas à remplacer cela. Elle cherche plutôt à rappeler qu’un être humain n’est pas seulement une structure mécanique ou un mental abstrait : c’est aussi une biochimie vivante.
C’est pour cela qu’une même alimentation ne convient pas toujours à tout le monde.
Certaines grandes règles peuvent être utiles à beaucoup de personnes : manger plus simple, moins transformé, mieux équilibré, avec suffisamment de protéines, de fibres, de micronutriments, d’eau, et moins d’excès industriels.
Mais au-delà de ces bases, l’individualisation devient importante.
Certaines personnes se sentent mieux avec moins de certains aliments. D’autres ont besoin de réintroduire plus de variété. Certaines utilisent des diètes restrictives comme outil temporaire. Le problème apparaît lorsque ces diètes deviennent une identité ou une solution permanente sans réévaluation.
Une diète peut être utile dans un contexte précis. Mais elle n’est pas nécessairement faite pour durer toute une vie.
L’axe chimique demande donc une approche nuancée : suffisamment simple pour être applicable, mais suffisamment individualisée pour respecter la réalité de chaque personne.
Axe 3 : l’émotionnel, le mental et les schémas profonds
Le troisième axe est probablement le plus complexe : l’axe émotionnel.
Il comprend deux dimensions évidentes : les émotions et les pensées.
Les émotions sont souvent mal comprises. On parle d’émotions “négatives”, comme si la colère, la tristesse, la peur ou le souci étaient des erreurs du système. Pourtant, une émotion n’est pas mauvaise en soi.
Elle devient problématique lorsqu’elle reste bloquée, lorsqu’elle se répète en boucle, ou lorsqu’elle prend une intensité disproportionnée par rapport à la situation présente.
Une émotion saine ressemble à un nuage : elle apparaît, traverse le ciel, puis passe.
Le problème commence lorsque le nuage reste immobile pendant des jours, des mois ou des années.
La colère peut rester.
La tristesse peut rester.
La peur peut rester.
L’inquiétude peut rester.
La honte peut rester.
Et lorsque l’émotion reste, elle influence notre perception, nos choix, notre comportement et parfois même notre corps.
À côté des émotions, il y a le mental : toutes les pensées qui tournent en boucle.
“J’aurais dû répondre ça.”
“Pourquoi j’ai fait ça ?”
“Et si ça se passe mal ?”
“Je ne suis pas à la hauteur.”
“On ne me respecte pas.”
“Je vais encore échouer.”
Ces pensées ne sont pas toujours choisies consciemment. Elles apparaissent parfois très vite, presque automatiquement, comme si une alarme intérieure venait de se déclencher.
Pour comprendre cette dimension, on peut subdiviser l’axe émotionnel en trois niveaux.
Niveau 1 : la biographie personnelle
Le premier niveau est celui de votre histoire personnelle.
Tout ce que vous avez vécu a participé à façonner votre manière de réagir, de ressentir, de vous protéger, d’aimer, de vous défendre, d’espérer ou de vous fermer.
Dans ce contexte, il est utile de clarifier le mot “trauma”.
Beaucoup de personnes imaginent qu’un trauma correspond uniquement à un événement extrêmement violent. Pourtant, le mot signifie d’abord “blessure”. Une blessure peut être physique, mais elle peut aussi être émotionnelle.
Un événement devient particulièrement marquant lorsqu’il dépasse, à un moment donné, la capacité de la personne à le vivre, à l’exprimer, à le partager ou à l’intégrer.
Ce n’est donc pas seulement l’événement qui compte. C’est aussi le contexte.
La personne était-elle accompagnée ?
A-t-elle pu exprimer ce qu’elle ressentait ?
A-t-elle été entendue ?
A-t-elle dû garder l’émotion à l’intérieur pour continuer à fonctionner ?
Une émotion non digérée peut devenir une mémoire émotionnelle. Plus tard, certaines situations peuvent réactiver cette mémoire. Une phrase, un regard, un silence, une injustice ou une critique peuvent réveiller quelque chose d’ancien.
Et très vite, une pensée apparaît.
Puis une émotion monte.
Puis un comportement suit.
Tout cela peut se produire en quelques secondes.
C’est pour cela qu’il ne suffit pas toujours de “se raisonner”. Si la réaction vient d’une mémoire émotionnelle profonde, la compréhension intellectuelle peut aider, mais elle ne suffit pas toujours à transformer la réaction.
Niveau 2 : les schémas familiaux
Le deuxième niveau est celui du système familial.
Nous ne naissons pas dans le vide. Nous arrivons dans une famille, avec son histoire, ses règles implicites, ses blessures, ses loyautés, ses silences, ses peurs, ses ambitions, ses interdits et ses répétitions.
Certaines choses se transmettent par l’éducation.
D’autres par l’ambiance émotionnelle.
D’autres encore par les modèles que l’enfant observe sans même qu’on les lui explique.
Une personne peut grandir avec l’idée qu’il faut se méfier.
Une autre avec l’idée qu’il faut se sacrifier.
Une autre avec l’idée qu’il ne faut pas trop réussir.
Une autre avec l’idée que l’amour se mérite.
Une autre avec l’idée qu’il faut toujours être fort.
Ces croyances peuvent avoir eu une fonction de protection dans l’histoire familiale.
Par exemple, une génération qui a vécu la guerre, la perte ou la précarité peut transmettre une leçon de survie : “Contente-toi de ce que tu as”, “Ne prends pas trop de risques”, “La sécurité avant tout”.
Dans un certain contexte, cette leçon peut être adaptée. Mais transmise à une autre génération, dans un autre contexte, elle peut devenir limitante.
Ce niveau ne doit pas être abordé de manière magique ou simpliste. Il s’agit plutôt d’observer comment certains schémas se répètent et comment l’histoire familiale peut influencer les choix, les émotions et les réactions d’une personne.
Niveau 3 : le sens, la direction et les grands choix de vie
Le troisième niveau de l’axe émotionnel concerne le sens.
C’est une dimension parfois négligée, parce qu’elle semble moins “technique”. Pourtant, elle est essentielle.
Un être humain a besoin d’une direction.
Il a besoin de sentir que sa vie va quelque part, que ses choix ont du sens, que son énergie est orientée vers quelque chose qui compte pour lui.
Cette direction peut se traduire par une vision, puis par des objectifs : annuels, trimestriels, mensuels, hebdomadaires, quotidiens.
Mais au fond, quatre grands choix structurent particulièrement une vie :
- Le travail ou la vocation : que voulez-vous construire, offrir, pratiquer, développer ?
- Le partenaire de vie : avec qui voulez-vous avancer ?
- Les enfants : en voulez-vous, combien, dans quel cadre ?
- Le lieu de vie : dans quel environnement votre système se sent-il le plus aligné ?
Ces choix influencent profondément le niveau émotionnel.
Lorsqu’une personne vit trop longtemps dans une direction qui n’est pas la sienne, cela peut créer de la tension, de la frustration, de la tristesse, de la colère ou un sentiment de vide.
À l’inverse, lorsqu’elle clarifie ce qui compte vraiment pour elle, son système peut retrouver une forme de cohérence.
Cela ne signifie pas que tout devient facile. Mais il y a une différence entre souffrir dans une direction qui n’a pas de sens, et traverser des difficultés au service d’une direction profondément choisie.
Pourquoi les 3 axes doivent être reliés
La clé de cette approche est de comprendre que les axes ne sont pas séparés.
Le physique peut influencer l’émotionnel.
L’émotionnel peut influencer le physique.
La biochimie peut influencer l’énergie, l’humeur, la récupération.
Le stress peut modifier les comportements alimentaires.
Une douleur persistante peut affecter le moral.
Une alimentation déséquilibrée peut rendre le système plus réactif.
Un manque de direction peut entretenir des tensions internes.
Un schéma familial peut influencer les choix de vie, donc les émotions, donc le corps.
C’est cette interaction qui rend les symptômes complexes parfois si difficiles à comprendre.
Si l’on regarde uniquement la structure, on peut manquer une surcharge émotionnelle.
Si l’on regarde uniquement les émotions, on peut manquer un déséquilibre biochimique.
Si l’on regarde uniquement l’alimentation, on peut manquer un schéma de stress ou une tension physique.
L’approche des 3 axes ne dit pas qu’il faut tout traiter en même temps. Elle dit qu’il faut avoir une carte suffisamment large pour ne pas réduire la personne à une seule dimension.
Une vision intégrative, mais prudente
Cette approche demande de la nuance.
Elle ne consiste pas à promettre une solution miracle.
Elle ne consiste pas à dire que tout vient des émotions.
Elle ne consiste pas à dire que tout vient de l’alimentation.
Elle ne consiste pas à dire que tout vient de la posture.
Elle consiste à poser une question plus intelligente :
Quels sont les axes qui semblent les plus impliqués chez cette personne, à ce moment précis ?
Parfois, la priorité est physique.
Parfois, elle est chimique.
Parfois, elle est émotionnelle.
Parfois, il faut collaborer avec d’autres professionnels.
Parfois, il faut réorienter vers un médecin, un psychologue, un dentiste, un kinésithérapeute ou un autre spécialiste.
Une approche intégrative sérieuse ne cherche pas à tout faire seule. Elle cherche à mieux comprendre les symptômes complexes, mieux orienter et mieux prioriser.
Conclusion : commencer par mieux comprendre
Les 3 axes — physique, chimique et émotionnel — offrent une manière simple de commencer à lire la complexité humaine.
Ils rappellent que le corps n’est pas une machine isolée.
Que l’alimentation n’est pas qu’une question de volonté.
Que les émotions ne sont pas des faiblesses.
Que les schémas familiaux peuvent influencer la vie présente.
Que le sens et la direction sont des besoins profonds.
Surtout, ils permettent de poser de meilleures questions.
Non pas : “Quel est le problème ?”
Mais plutôt : “Quels niveaux de la personne devons-nous comprendre pour avancer avec justesse ?”
C’est cette qualité d’écoute, de lecture et de priorisation qui se trouve au cœur de notre approche Les 3 Axes.
Si vous sentez que votre situation ne rentre pas facilement dans une seule case, ou si vous souhaitez explorer une approche plus globale et structurée, vous pouvez commencer simplement.
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